Saint-Pierre et Miquelon, la France en Amérique du Nord

Saint-Pierre et Miquelon est un archipel français situé à 25 kilomètres au sud-ouest de la grande île canadienne de Terre-Neuve. Sa superficie est de 242 km2 et ses habitants, les Saint-Pierrais et Miquelonnais et les Saint-Pierraises et Miquelonnaises, sont environ 6.300. Le décalage horaire par rapport à Paris est de 4 heures.

Voici quelques informations sur cette présence française en Amérique qui, j’espère, vous intéresseront et qui sont les réponses aux questions que me posent généralement mes élèves à ce sujet :

Pourquoi ce territoire est-il français ?

La chasse à baleine dans les eaux de l’archipel attire d’abord des Inuits, puis des pêcheurs basques, bretons et normands qui s’y établissent de manière saisonnière. C’est cependant le navigateur portugais João Alvares Fagundes qui découvre officiellement ces îles en 1520.

En 1536, l’explorateur français Jacques Cartier en prend possession au nom du roi de France, François Ier. Appelées d’abord « Îles Saint-Pierre », elles deviennent quelques années plus tard « Îles Saint-Pierre et Miquelon ». Le terme « Miquelon » ferait référence au patron des basques espagnols « San Miguel ».

Entre 1604 et 1816, l’archipel subit 4 vagues d’occupations de la part des Britanniques (70 ans au total). Saint-Pierre et Miquelon devient définitivement français en 1816. Déclaré Département d’Outre-Mer en 1976, puis Collectivité Territoriale en 1985, ce territoire a le statut de Collectivité d’Outre-Mer depuis 2003.

 

Fait-il partie de l’Union européenne ?

Partiellement. Saint-Pierre et Miquelon est considéré par l’Union européenne comme un PTOM (Pays et Territoire d’Outre-Mer), c’est-à-dire un territoire situé hors de l’UE mais appartenant à un pays membreSes habitants ont un passeport français et européen, utilisent l’euro et participent aux élections au Parlement européen.

Toutefois, ce territoire ne fait pas partie de l’espace Schengen et n’est pas un territoire douanier de l’UE.

 

L’influence nord-américaine y est-elle très forte ?

L’un des signes les plus évidents de cette influence est le type de maisons construites sur l’île : en bois et de couleurs très variées (jaune, bleu roi, rouge, vert pâle, etc.). En ce qui concerne l’automobile, les véhicules proviennent généralement du continent américain car ils sont beaucoup moins chers que ceux importés d’Europe. Il en est de même pour les produits alimentaires.

En revanche, aux niveaux historique, culturel, éducatif et linguistique, les habitants de Saint-Pierre et Miquelon se sentent très proches de ceux de la métropole, même s’ils maintiennent d’excellentes relations, malgré la barrière de langue, avec les Canadiens de l’île de Terre-Neuve, pratiquement tous anglophones (95%).

 

Le français parlé sur l’archipel est-il le même qu’en métropole ?

Excepté la présence de quelques expressions différentes (on dit par exemple « Ça dit ? » au lieu de « Ça va ? », et on répond « Ça pète ! »), le français utilisé à Saint-Pierre et Miquelon est pratiquement le même que celui employé en métropole. Les Français métropolitains sont souvent surpris de constater que les habitants locaux « n’ont aucun accent », contrairement aux locuteurs québécois et acadiens dont la prononciation et les particularismes lexicaux sont très facilement reconnaissables.

Si vous désirez découvrir plus en détail le français parlé à Saint-Pierre et Miquelon, n’hésitez pas à lire ces deux articles très intéressants d’Edgar Aubert de la Rüe.

 

Où les enfants de Saint-Pierre et Miquelon vont-ils à l’école ?

Ils peuvent réaliser toutes leurs études jusqu’à l’obtention du baccalauréat dans les établissements scolaires de l’île, qui dépendent de l’académie de Caen. Puis, ceux qui veulent réaliser des études universitaires partent, la plupart, pour la métropole et les autres pour le Canada ou les États-Unis. Ils bénéficient pour cela d’une bourse payée par les autorités de l’archipel.

 

Je vous propose par ailleurs 2 supports d’activités à exploiter en cours de FLE :

Compréhension des écrits : Extrait des « Mémoires d’Outre-Tombe », où Chateaubriand évoque son séjour dans l’archipel en 1791.

Compréhension de l’oral et productions écrite et orale : « La veuve de Saint-Pierre », film de Patrice Leconte (2000). (Voir la bande-annonce). Basé sur des faits réels qui se déroulèrent sur l’archipel, le film aborde la problématique de la peine de mort et de la réhabilitation. Vous pouvez également utiliser cet entretien télévisé où les deux acteurs principaux, Juliette Binoche et Daniel Auteuil, évoquent leur vision du film et du sujet traité.