5 idées pour améliorer son vocabulaire

brainfingerprint221RGBDifférentes méthodologies d’apprentissage des langues étrangères ont été successivement préconisées au fil des deux derniers siècles. La tendance actuelle est souvent décrite par les spécialistes comme la didactique de « l’éclectisme ». De nos jours, l’enseignant semble en effet adapter constamment son approche méthodologique en ne s’interdisant aucune stratégie ni aucun support. Le recours à la langue maternelle de l’élève, longtemps banni, est par exemple de nouveau utilisé avec succès par beaucoup de professeurs de FLE.

Cette nouvelle flexibilité peut notamment s’appliquer à l’enseignement du lexique FLE. C’est pourquoi je pense qu’on peut, d’une part, exploiter les bénéfices d’une approche communicative qui privilégie l’apprentissage implicite du vocabulaire et, d’autre part, continuer à recommander des stratégies visant à l’apprentissage explicite du lexique.

Voici, concernant celles-ci, les 5 idées dont j’aimerais vous faire part et que, j’espère, vous souhaiterez transmettre à vos élèves :

  1. Créer ses propres cartes de vocabulaire avec Anki.

Anki est un programme basé sur la répétition espacée de cartes virtuelles qui permettent d’associer et de mémoriser deux informations, par exemple un mot en français et sa traduction en espagnol.

Bien qu’il existe des paquets de cartes à télécharger gratuitement, le grand avantage d’Anki est le grand nombre d’options qu’il nous offre pour créer nos propres cartes. On peut y intégrer des images, des fichiers audio, créer des textes à trous, inverser l’ordre de présentation, changer l’apparence du texte, etc. (Voir cette vidéo).

Son efficacité est due à la répétition programmée des cartes. Après l’affichage de chaque réponse, l’utilisateur doit s’autoévaluer et indiquer s’il s’en souvenait très bien, assez bien ou absolument pas. S’il choisit la première option, le programme lui reposera la même question quatre jours après alors que s’il sélectionne la troisième, le délai sera de quelques minutes. Toutes les valeurs d’espacement temporel des questions peuvent être configurées par l’utilisateur.

L’interface est disponible en français.

  1. Réaliser les cours de vocabulaire disponibles sur Memrise.

Memrise est une application très similaire à Anki.

Remarquons cependant que « la ludification » semble faire partie de la stratégie d’apprentissage de Memrise et c’est certainement la raison pour laquelle ses graphismes sont beaucoup plus élaborés. Point négatif : l’interface n’est malheureusement pas disponible en français.

Il est également possible de créer ses propres paquets de cartes mais le principal intérêt de Memrise est de pouvoir choisir des cours différents non seulement en fonction de la langue cible mais aussi de la langue source. Par exemple, si l’utilisateur parle espagnol et veut perfectionner son lexique de français, il pourra réaliser l’un de ces cours. S’il parle anglais, il pourra choisir l’un de ceux-là.

Certains apprenants préfèrent Anki (plus efficace), d’autres Memrise (plus ludique). À vous de choisir ce qui vous convient le mieux !

  1. Apprendre de nouveaux mots en naviguant sur Internet grâce à Lingua.ly.

Une fois l’extension Lingua.ly installée sur le navigateur, il suffit de double-cliquer sur un mot pour en découvrir le sens et en écouter la prononciation, ce qui permet de ne pas trop ralentir le rythme de lecture.

Cette fonctionnalité, également proposée par Google Dictionary, une extension du navigateur Chrome, n’est que la première étape du processus d’apprentissage de Lingua.ly. En effet, les mots sur lesquels nous avons cliqué sont « collectés » sur notre compte. Puis, pour nous aider à les mémoriser définitivement, l’application nous propose des questionnaires et des textes (où le terme apparaît dans d’autres contextes possibles). On peut également choisir l’image à laquelle nous voulons associer le concept appris.

Il est par ailleurs possible d’exporter ou de modifier à tout moment la liste des mots collectés.

  1. Réviser régulièrement les listes des mots les plus fréquents.

Il existe sur Internet beaucoup de listes regroupant les termes les plus utilisés en français. Cependant, il est important de bien vérifier si le type de langage sur lequel a été basée l’étude correspond bien aux objectifs de l’apprenant.

Distinguons notamment la liste réalisée par le lexicologue Étienne Brunet qui recense, par ordre décroissant de fréquence, les mots « que lisent les élèves francophones » (très intéressante dans un contexte scolaire et de langue écrite), de celle élaborée à partir de milliers de sous-titres de films et de séries télé (très pertinente pour les élèves désirant apprendre le français oral plus contemporain et plus authentique).

  1. Appliquer la méthode des Post-It

Existe-t-il une méthode dont l’efficacité ne soit plus à prouver et qui ne demande aucun effort de mémorisation de la part de l’apprenant, autrement dit la méthode parfaite ? Oui, il suffit de coller des Post-It sur des objets se trouvant chez nous et, si possible, sur notre lieu de travail (ou d’études), avec le nom de ceux-ci écrits dans la langue cible.

On apprend ainsi le vocabulaire en situation et même si on ne lit pas chaque fois le mot écrit sur le Post-It, notre cerveau traitera de toutes façons l’information.

Une fois le terme acquis, on peut remplacer le mot par une phrase le contenant en créant, par exemple, une affiche fixée sur la porte du frigo indiquant « N’oublie pas de fermer la porte du frigo ! ». Cela nous permet de mémoriser des phrases entières qui, souvent, peuvent servir d’exemple pour des règles grammaticales compliquées.

5 ressources numériques sur l’armistice du 11 novembre 1918

Le 11 novembre est un jour férié en France et en Belgique (ainsi qu’au Canada pour les fonctionnaires fédéraux et les militaires). On y commémore ce jour-là, tout comme dans d’autres pays d’Europe et du Commonwealth, la signature de l’armistice du 11 novembre 1918 qui mit fin à la Première Guerre Mondiale.

Ce conflit provoqua la mort d’environ 10 millions de militaires et 9 millions de civils dans le monde. Cette guerre fut d’ailleurs vite surnommée la « Der des Ders », c’est-à-dire la « Dernière des Dernières », car tout le monde souhaitait qu’un massacre d’une telle envergure ne se reproduisît plus.

A l’occasion du 96ème anniversaire de cet armistice, je crois qu’il est important de favoriser la réflexion des élèves, notamment sur les causes et les conséquences de ce conflit atroce et l’importance du devoir de mémoire pour construire un meilleur futur commun.

Pour cela, vous pouvez vous baser sur de nombreuses ressources numériques disponibles sur le web. Voici celles que j’ai sélectionnées pour vous :

 

1) Vidéos promotionnelles du jeu vidéo « Soldats inconnus, Mémoires de la Grande Guerre », d’Ubisoft.

Il s’agit d’une manière originale de présenter le conflit, tout en travaillant la compréhension de l’oral. La réponse des élèves est normalement très positive. Quatre bandes-annonces du jeu sont disponibles.

Voici la plus accessible pour les apprenants, intitulée « Retour au front » :

Vous pouvez également faire identifier à vos élèves les quatre personnages principaux du jeu dans les vidéos « Destins croisés » et « Mémoires de la grande guerre ».

Bien qu’intéressant, le « Trailer de lancement » est certainement le document le plus difficile à exploiter didactiquement.

 

2) Dossier très complet du ministère français de l’Éducation nationale sur l’armistice du 11 novembre 1918.

Vous trouverez sur ce site toutes les données historiques indispensables concernant cet évènement, ainsi qu’un dossier pédagogique très pertinent. Ressource absolument incontournable.

 

3) Sélection de 16 tableaux.

Ces œuvres illustrent le changement de la représentation de la guerre chez beaucoup de peintres qui souhaitaient transmettre la brutalité du conflit et la déshumanisation des soldats.

Elles peuvent facilement servir de support pour une activité d’expression orale, après une brève introduction sur le sujet.

 

4) Archives de l’INA (Institut National de l’Audiovisuel).

Des dizaines de documents audiovisuels disponibles sur la Première Guerre Mondiale.

L’approche du conflit certainement la plus saisissante pour les élèves.

À noter que l’on peut accéder à la transcription de chaque vidéo et même cliquer sur une ligne de ce texte pour accéder directement à la séquence visuelle correspondante.

 

5) Lettres et écrits d’un soldat français.

Lettres et extraits de journaux de route de Charles Paul Nogué, qui participa au conflit à partir d’août 1914.

Témoignage direct donnant une vision très personnelle de la réalité vécue lors de cette guerre.

Ces documents sont suivis de plusieurs exercices de compréhension de l’écrit proposés par le Service éducatif des archives départementales de la Dordogne.

8 conseils pour bien utiliser le TNI (Tableau Numérique Interactif)

Le TNI (Tableau Numérique Interactif), appelé également TBI (Tableau Blanc Interactif), a fait son apparition dans les salles de cours il y a une dizaine d’années. Souvent confondu avec le VPI (Vidéoprojecteur Interactif), il s’agit d’un écran tactile équipé d’un vidéoprojecteur et relié à un ordinateur. Son coût élevé et son apparente complexité ont freiné son implantation, certains professeurs remettant même en cause son utilité.

Ses avantages sont pourtant à mon avis nombreux. Voici mes 8 conseils pour en optimiser l’utilisation :

1) Réaliser, si possible, une installation fixe

Il est préférable que le TNI soit installé de manière permanente dans la salle de cours. Les élèves l’identifient ainsi comme le tableau principal et s’y habituent de manière très naturelle. D’autre part, c’est une situation beaucoup plus commode pour le professeur qui perd moins de temps en début et en fin de séance et qui peut, lorsqu’il n’a pas cours, « s’autoformer » en découvrant peu à peu les différentes fonctions de l’appareil.

2) Installer le TNI perpendiculairement aux fenêtres et face aux élèves

Pour éviter les reflets provoqués par la lumière du jour et améliorer le contraste de l’écran, il faut placer le TNI le plus loin possible des fenêtres et perpendiculairement à celles-ci (qui peuvent être équipées d’un rideau). Les élèves doivent toujours faire face au TNI.

3) Préparer un plan B en cas de panne

Etant donné la complexité technologique et le nombre de dispositifs utilisés simultanément, il est possible que la séance ne se déroule pas « techniquement » comme on l’avait prévu, surtout lorsque l’on est novice en la matière. C’est pourquoi il est recommandable de toujours préparer des activités alternatives au cas où l’on serait obligé de continuer le cours sans le support numérique du TNI.

4) Apprendre progressivement à utiliser toutes les fonctions du TNI

On peut d’abord commencer par utiliser le TNI pour écrire, comme s’il s’agissait d’un tableau traditionnel, puis pour projeter toutes les ressources audiovisuelles dont on dispose et enfin pour incorporer au cours les travaux réalisés par les élèves et interagir avec ceux-ci. Pizarra Digital 2 (1) 5) Créer des activités spécifiques

De nombreuses activités peuvent être créées spécifiquement grâce au TNI qui permet de déplacer et de masquer les éléments apparaissant sur l’écran : classer, mettre dans l’ordre ou déplacer des phrases, des mots ou des images, réaliser des jeux éducatifs ou des activités sur Internet, corriger les fautes d’un camarade, présenter un exposé, etc.

6) Intégrer les réactions des élèves

L’interactivité avec les élèves ne doit pas être limitée à la réalisation des activités. Il faut en effet essayer de leur montrer que le TNI est également un outil à leur disposition. On ne doit pas hésiter, par exemple, à les encourager à illustrer leurs commentaires en classe en réalisant une recherche sur Internet et à en partager le résultat avec leurs camarades. Cela devrait en principe renforcer leur intérêt pour le cours.

7) Se servir du TNI pour réaliser un suivi des cours

La possibilité d’enregistrer des notes lors de chaque séance permet de réaliser une meilleure transition entre chaque cours. On peut ainsi réaliser un « cahier de texte » en ligne que les élèves peuvent consulter à tout moment, et notamment s’ils ont été absents à un cours et veulent en connaître le contenu et les commentaires que le professeur y a ajoutés.

8) Utiliser les ressources disponibles sur Internet

Il est très utile de consulter les sites de partage des utilisateurs de Promethean, Smart et Sankore, entre autres, où l’on peut télécharger des séquences didactiques, partager les siennes et bénéficier de tous types d’aide.

Concernant le FLE, soulignons l’existence de la rubrique de TV5 « Les tableaux numériques interactifs pour l’enseignement du FLE », qui propose 8 activités spécifiques pour les TNI, niveaux A2 et B1.

 

Comme souvent, le plus important n’est pas l’outil en soi mais la manière dont on l’utilise. S’il est vrai que, dans un premier temps, l’utilisation des TNI attire l’attention des élèves, ceux-ci se rendent vite compte que la matière et ses objectifs sont les mêmes. Il faut donc tenter d’incorporer aux séquences didactiques tous types de documents, le moins redondants possible avec les explications écrites et orales.

Même si les avantages des TNI me semblent clairs, je pense qu’on doit essayer de continuer à diversifier les situations de classe et ne pas commencer à utiliser uniquement des supports numériques.

Vos commentaires sont bien sûr les bienvenus.