5 idées créatives pour la classe de français (chapitre I)

Cette semaine, nous avons décidé de parler de créativité. Moi qui ai l’habitude de côtoyer des professeurs de français un peu partout en Espagne, je peux vous assurer qu’en général, les professeurs de secondaire sont à la recherche d’idées créatives. Il est vrai que lorsque je leur pose la question : « Pensez-vous que vous êtes créatif / créative ? », la plupart d’entre eux me répond de manière négative après une certaine hésitation. Pour la même question posée aux professeurs de primaire, la réponse change radicalement : eh oui, les enseignants du primaire, en règle générale, sont créatifs ! C’est normal me direz-vous, certes, on travaille beaucoup plus la créativité et l’imagination en primaire, mais pourquoi donc ?! Nous pouvons nous aussi, professeurs de secondaire, faire preuve de créativité ! Pour cela, nous vous avons concocté une petite liste de bonnes idées ! En effet, voici des modèles, des activités, des techniques et des postures pédagogiques. En espérant que tout ceci pourra vous aider à construire des interventions à même de stimuler l’envie d’apprendre des apprenants.

Définition : Qu’est-ce que la créativité ? D’après le dictionnaire, c’est la capacité qu’a un individu à imaginer et à réaliser quelque chose de nouveau. Alors, nous, dans notre cas, on va travailler sur notre pouvoir de création mais une de nos tâches est de développer celui de nos apprenants ! On y va ! Vous allez voir qu’il s’agit surtout bien souvent d’oser !

–      Supports pédagogiques variés : une preuve de notre créativité est bel et bien ce

White conceptual keyboard – France (key with flag)

qui se résume par cette capacité à changer de supports. En effet, nous passons d’un support à l’autre aisément, nous sommes aussi fort capables d’improviser par moments. En bref, il s’agit de varier les cours, d’avoir recours à toutes sortes de documents c’est-à-dire aborder les différentes compétences linguistiques et communicatives sous des formes variées.

–      Classe inversée : Ce principe pédagogique est de plus en plus présent dans nos classes. Le professeur s’efface peu à peu, finis les cours magistraux et cette démonstration collective de son savoir. Aujourd’hui, les contenus théoriques ont tendance à être travaillés à la maison et la classe devient un « atelier » dans lequel, comme son nom l’indique, on pratique, on manipule, on fait ! Et le professeur dans tout ça ? Il a un rôle clé, il a un rôle de conseiller et d’accompagnateur.

–      Évaluation par les pairs : je dois rendre mes élèves le plus autonomes possible et pour cela, je les aide à être capables de juger leur travail dans un premier temps et celui de leurs camarades dans une seconde phase. Ça prend du temps, on est d’accord, mais c’est tellement formateur pour vos apprenants ! C’est un exercice qui les aidera dans le futur que celui de savoir s’évaluer et porter un jugement objectif.

–      Tempête d’idées : Au moment d’aborder un nouveau thème en classe, une nouvelle unité, une nouvelle leçon, etc., on organise une séance génératrice d’idées. Les élèves ont toujours des idées préconçues, leurs propres représentations et connaissances préalables alors on les laisse s’exprimer ! C’est indispensable pour l’estime de soi ! Ils se sentent partie intégrante de la classe et du cours puisqu’on compte sur eux ! La qualité des idées importent peu. À contrario, ce qui est très intéressant c’est la quantité des idées, qui sera génératrice de nouvelles idées ! Vous connaissez l’effet boule de neige 😉 ?!

–      Bâton : c’est un des éléments indispensables de mon cours. Le bâton permet de travailler le respect de l’autre. Comment on fait ? C’est simple, prenez un bâton, lancez un sujet de débat ou de conversation ou un thème (un seul mot parfois) et les élèves doivent parler (faire des phrases ou dire des mots selon l’objectif visé). Cependant, le bâton sert à mettre de l’ordre, les élèves se passent le bâton, c’est celui qui a le bâton qui a la parole. Pendant ce temps, ses camarades doivent écouter. Un excellent exercice de tolérance et d’écoute de l’autre !

Pour conclure ce nouveau billet créatif, je vous propose de finir sur une touche d’humour. Avant, je vous pose une question : « Êtes-vous gaucher (gauchère) ou droitier (droitière) ? ». Lisez cet article et découvrez le pouvoir créatif des gauchers !

Très bonne semaine à toutes et tous !

La dernière avant des vacances bien méritées 😉

Organiser un échange linguistique en classe de FLE

L’organisation d’un échange linguistique n’est pas une mince affaire, préparer un séjour linguistique requiert force, organisation, constance et bien sûr, et commefautes typiques des hispanophones en français toujours j’ai envie de dire : motivation ! C’est un travail de longue haleine, un projet linguistique qui s’étend sur toute une année et devient surtout la clé de voûte de notre enseignement tout au long de l’année scolaire en question. Alors, par ce billet, nous avons souhaité vous apporter des conseils, des idées mais aussi et surtout souligner les aspects positifs que tout échange linguistique procure aux élèves et sans aucun doute, aux enseignants !

Il y a différents stades dans le déroulement de tout échange linguistique : la préparation – le voyage en lui-même, c’est-à-dire l’expérience, le vécu, sur le terrain – puis l’exploitation à posteriori. Toutes les étapes favorisent le développement de l’autonomie chez les apprenants.

  • Cette autonomie s’acquiert progressivement dans le sens où toute l’année est jalonnée de travaux, recherches et activités autour du voyage à venir. Puisqu’il s’agit d’un échange, cela suppose « correspondant » et « famille d’accueil ». EnFLE effet, dès la debut de l’année, chaque élève fait la connsaissance de son correspondant. Souvent, cette correspondance commence par une présentation des élèves espagnols (ou français) à l’autre classe. Les deux correspondants font connaissance tout au long de l’année par échange de lettres manuscrites, méls ou même pourquoi pas par des séances de communication en direct et de vive voix, sur l’ordinateur. Il est vrai que de plus en plus de classe organisent des rencontres « virtuelles » et communiquent en groupe classe à travers un écran ! Toutes ces activités sont marquantes et on ne peut plus motivantes pour les élèves.
  • Vient ensuite la préparation du voyage en elle-même. Avant de se rendre sur place, il va falloir déterminer des thèmes de recherches sur lesquels on va travailler en classe. Il est conseillé de former des groupes qui vont, chacun se « spécialiser » sur un sujet précis et en lien avec l’échange scolaire pour, par la suite réaliser un exposé en classe. Les thèmes à travailler sont libres mais certains sont incontournables comme : la découverte de la ville et de la región – le système éducatif du pays concerné – le mode de vie et les habitudes des adolescents de leur âge, dans ce pays – etc.
  • L’heure du voyage a sonné ! Imaginez un seul instant l’intensité de l’immersion linguistique dans laquelle se voient plongés les élèves ! Les situations de communication face auxquelles ils se retrouvent durant la durée du séjour sont multiples : conversation avec divers interlocuteurs natifs; mais la nature du message linguistique est aussi extrêmement variée. En effet, au quotidien, ils reçoivent des messages visuels et auditifs dans la langue d’apprentissage : affiches et spots publicitaires, télé, radio, presse, jeux, etc. Les élèves sont constamment sollicités, il faut donc qu’ils apprennent à saisir l’essentiel du/des message(s) et cela implique un effort constant de concentration et d’attention. Les apprenants sont d’ailleurs les premiers surpris de voir qu’ils sont capables de comprendre l’essentiel d’un message, quel qu’il soit, et ce, même les premiers jours de cohabitation avec le français. Les bénéfices pour les élèves ne sont pas uniquement de l’ordre linguistique mais également au niveau du développement personnel et de l’autonomie, en plus de l’aspect civique, culturel et émotionnel, etc.
Pour les professeurs qui doutent encore à se lancer dans un échange, l’aspect économique n’est pas à négliger non plus. Le coût d’un échange scolaire est bien plus réduit que celui d’un voyage linguistique puisque un bon nombre d’activités peut être organisé dans les établissements respectifs et le second point est celui de l’hébergement, qui est « gratuit » en famille d’acceuil. Alors ne doutez plus 😉
Il y a de nombreuses agences spécialisées dans l’organisation de ce type de séjour et qui vous aident à entrer en contact avec un établissement mais grâce à internet, vous trouverez votre bonheur si vous êtes à la recherche d’un établissement en France ou dans un pays francophone; en voici un exemple !

L’expérience est tellement positive à tous points de vue que les efforts à fournir au préalable valent vraiment le coup et sont vite oubliés !