Importance de l’oral en classe de FLE en primaire

Qui dit classe de FLE, dit enseignement d’une langue vivante, et, comme son nom l’indique, il s’agit d’une langue « vivante » ce qui sous-entend donc : parler, communiquer, écouter, échanger, interagir (…). Vous allez me dire que cela est parfois une tâche bien complexe que celle de faire de l’oral en classe de français pour des motifs variés (classes surchargées, d’élèves bavards, turbulents, …) ! Je vous l’accorde, il est souvent plus aisé, pour le professeur et pour le bon déroulement de la classe, de passer à l’écrit ! Cependant, l’oral est pourtant une des compétences à ne pas négliger.

Le primaire et le FLE : les élèves, ici, en Espagne, commencent avec leur seconde langue (s’ils étudient une autre langue que l’anglais, ce qui n’est, malheureusement pas le cas de tout le monde) quand ils commencent leur étape secondaire. En revanche, certains établissements, commencent plus tôt et ceci dès la dernière ou avant-dernière année de primaire (5º-6º). Lire la suite

Culture FLE : les indispensables des fêtes de Noël

Les fêtes de fin d’année approchent et c’est le moment de proposer aux élèves des supports d’activités liés à Noël. Voici quelques œuvres de la culture populaire francophone qui, j’en suis sûr, pourront vous être utiles.

 Film : « Joyeux Noël », de Christian Carion (2005).

Les fêtes de Noël et le centenaire de la Première Guerre Mondiale (1914-1918) sont un excellent prétexte pour faire découvrir ce film basé sur des faits historiques de décembre 1914. Combattant sans relâche dans les tranchées, des soldats français, écossais et allemands fraternisent finalement grâce à des chants de Noël et décrètent une trêve. Les militaires, quelles que soient leur nationalité et leur langue, semblent tous des victimes de l’absurdité de la guerre. La majorité des dialogues du film sont en français, d’autres en anglais et en allemand, ce qui peut aider les élèves à prendre conscience de l’importance de maîtriser des langues étrangères pour pouvoir communiquer avec autrui et ainsi mieux se connaître et s’apprécier.

Pièce de théâtre : « Le Père Noël est une ordure », de la troupe du Splendid (1979).

« Le Père Noël est une ordure » est certainement l’œuvre que les Français associent le plus à la période des fêtes de Noël. Son succès comme pièce de théâtre fut tel que la troupe décida de l’adapter au cinéma en 1982. Le film, qui porte le même titre, est depuis diffusé à la télévision chaque année à la période de Noël, tout comme l’enregistrement télévisé de la pièce. Cette histoire « culte » nous présente le Réveillon de Noël de trois bénévoles de l’association S.O.S. détresse amitié qui non seulement répondent aux appels téléphoniques de personnes désespérées (ou désespérantes) mais reçoivent également la visite d’individus pour le moins surprenants.

 

Chanson : « Petit Papa Noël », interprétée par Tino Rossi (1946).

Il s’agit, pour la majorité des Français, de la plus belle chanson de Noël. Le soir du Réveillon, un enfant s’adresse au Père Noël et le prie de ne pas oublier de lui apporter ses cadeaux. Tino Rossi est le chanteur français qui a vendu le plus de disques dans le monde (plus de 500 millions) et « Petit Papa Noël » détient de son côté le record de vente de « single » français (5,7 millions). Voici un pdf où vous trouverez les paroles complètes de la chanson ainsi que deux activités basées sur celles-ci.

 

Chant de Noël : « Il est né le divin enfant », de la fin du XIXème siècle.

C’est le chant de Noël d’origine française le plus connu. Il évoque la naissance du Christ. Il a notamment été interprété par les Petits Chanteurs à la Croix de Bois (voir vidéo).

 

Livres : « Cher Père Noël » et « Le Noël de Nicolas » du Petit Nicolas de Goscinny et Sempé (2006)

Ces deux histoires du Petit Nicolas ont d’abord été publiées en 2006 dans le volume 2 des « Histoires inédites du Petit Nicolas », puis dans le recueil intitulé « Le Petit Nicolas, c’est Noël ! » en 2010. Lecture toujours aussi recommandable, aussi bien pour les enfants que pour les adultes, ne serait-ce que pour l’humour tendre et le langage si original du petit écolier, ici sur fond de magie de Noël.

 

 Conte de Noël : « La chasse-galerie », version d’Honoré Beaugrand (1900)

D’origine poitevine et mêlée à des mythes amérindiens par les colons français, « La chasse-galerie » est l’une des légendes les plus populaires au Québec. De tradition orale, la transcription écrite réalisée par Honoré Beaugrand en 1900 est devenue la version de référence. 8 bûcherons font un pacte avec le diable pour qu’il les emmène auprès de leur famille pour le Réveillon du Nouvel An. S’ils ne veulent pas perdre leur âme, ils devront respecter certaines conditions, comme par exemple ne pas jurer ou ne pas boire. Vous pouvez écouter et télécharger gratuitement le fichier mp3 correspondant à la lecture du texte sur le site litteratureaudio.com.

Saint-Pierre et Miquelon, la France en Amérique du Nord

Saint-Pierre et Miquelon est un archipel français situé à 25 kilomètres au sud-ouest de la grande île canadienne de Terre-Neuve. Sa superficie est de 242 km2 et ses habitants, les Saint-Pierrais et Miquelonnais et les Saint-Pierraises et Miquelonnaises, sont environ 6.300. Le décalage horaire par rapport à Paris est de 4 heures.

Voici quelques informations sur cette présence française en Amérique qui, j’espère, vous intéresseront et qui sont les réponses aux questions que me posent généralement mes élèves à ce sujet :

Pourquoi ce territoire est-il français ?

La chasse à baleine dans les eaux de l’archipel attire d’abord des Inuits, puis des pêcheurs basques, bretons et normands qui s’y établissent de manière saisonnière. C’est cependant le navigateur portugais João Alvares Fagundes qui découvre officiellement ces îles en 1520.

En 1536, l’explorateur français Jacques Cartier en prend possession au nom du roi de France, François Ier. Appelées d’abord « Îles Saint-Pierre », elles deviennent quelques années plus tard « Îles Saint-Pierre et Miquelon ». Le terme « Miquelon » ferait référence au patron des basques espagnols « San Miguel ».

Entre 1604 et 1816, l’archipel subit 4 vagues d’occupations de la part des Britanniques (70 ans au total). Saint-Pierre et Miquelon devient définitivement français en 1816. Déclaré Département d’Outre-Mer en 1976, puis Collectivité Territoriale en 1985, ce territoire a le statut de Collectivité d’Outre-Mer depuis 2003.

 

Fait-il partie de l’Union européenne ?

Partiellement. Saint-Pierre et Miquelon est considéré par l’Union européenne comme un PTOM (Pays et Territoire d’Outre-Mer), c’est-à-dire un territoire situé hors de l’UE mais appartenant à un pays membreSes habitants ont un passeport français et européen, utilisent l’euro et participent aux élections au Parlement européen.

Toutefois, ce territoire ne fait pas partie de l’espace Schengen et n’est pas un territoire douanier de l’UE.

 

L’influence nord-américaine y est-elle très forte ?

L’un des signes les plus évidents de cette influence est le type de maisons construites sur l’île : en bois et de couleurs très variées (jaune, bleu roi, rouge, vert pâle, etc.). En ce qui concerne l’automobile, les véhicules proviennent généralement du continent américain car ils sont beaucoup moins chers que ceux importés d’Europe. Il en est de même pour les produits alimentaires.

En revanche, aux niveaux historique, culturel, éducatif et linguistique, les habitants de Saint-Pierre et Miquelon se sentent très proches de ceux de la métropole, même s’ils maintiennent d’excellentes relations, malgré la barrière de langue, avec les Canadiens de l’île de Terre-Neuve, pratiquement tous anglophones (95%).

 

Le français parlé sur l’archipel est-il le même qu’en métropole ?

Excepté la présence de quelques expressions différentes (on dit par exemple « Ça dit ? » au lieu de « Ça va ? », et on répond « Ça pète ! »), le français utilisé à Saint-Pierre et Miquelon est pratiquement le même que celui employé en métropole. Les Français métropolitains sont souvent surpris de constater que les habitants locaux « n’ont aucun accent », contrairement aux locuteurs québécois et acadiens dont la prononciation et les particularismes lexicaux sont très facilement reconnaissables.

Si vous désirez découvrir plus en détail le français parlé à Saint-Pierre et Miquelon, n’hésitez pas à lire ces deux articles très intéressants d’Edgar Aubert de la Rüe.

 

Où les enfants de Saint-Pierre et Miquelon vont-ils à l’école ?

Ils peuvent réaliser toutes leurs études jusqu’à l’obtention du baccalauréat dans les établissements scolaires de l’île, qui dépendent de l’académie de Caen. Puis, ceux qui veulent réaliser des études universitaires partent, la plupart, pour la métropole et les autres pour le Canada ou les États-Unis. Ils bénéficient pour cela d’une bourse payée par les autorités de l’archipel.

 

Je vous propose par ailleurs 2 supports d’activités à exploiter en cours de FLE :

Compréhension des écrits : Extrait des « Mémoires d’Outre-Tombe », où Chateaubriand évoque son séjour dans l’archipel en 1791.

Compréhension de l’oral et productions écrite et orale : « La veuve de Saint-Pierre », film de Patrice Leconte (2000). (Voir la bande-annonce). Basé sur des faits réels qui se déroulèrent sur l’archipel, le film aborde la problématique de la peine de mort et de la réhabilitation. Vous pouvez également utiliser cet entretien télévisé où les deux acteurs principaux, Juliette Binoche et Daniel Auteuil, évoquent leur vision du film et du sujet traité.

5 ressources numériques sur l’armistice du 11 novembre 1918

Le 11 novembre est un jour férié en France et en Belgique (ainsi qu’au Canada pour les fonctionnaires fédéraux et les militaires). On y commémore ce jour-là, tout comme dans d’autres pays d’Europe et du Commonwealth, la signature de l’armistice du 11 novembre 1918 qui mit fin à la Première Guerre Mondiale.

Ce conflit provoqua la mort d’environ 10 millions de militaires et 9 millions de civils dans le monde. Cette guerre fut d’ailleurs vite surnommée la « Der des Ders », c’est-à-dire la « Dernière des Dernières », car tout le monde souhaitait qu’un massacre d’une telle envergure ne se reproduisît plus.

A l’occasion du 96ème anniversaire de cet armistice, je crois qu’il est important de favoriser la réflexion des élèves, notamment sur les causes et les conséquences de ce conflit atroce et l’importance du devoir de mémoire pour construire un meilleur futur commun.

Pour cela, vous pouvez vous baser sur de nombreuses ressources numériques disponibles sur le web. Voici celles que j’ai sélectionnées pour vous :

 

1) Vidéos promotionnelles du jeu vidéo « Soldats inconnus, Mémoires de la Grande Guerre », d’Ubisoft.

Il s’agit d’une manière originale de présenter le conflit, tout en travaillant la compréhension de l’oral. La réponse des élèves est normalement très positive. Quatre bandes-annonces du jeu sont disponibles.

Voici la plus accessible pour les apprenants, intitulée « Retour au front » :

Vous pouvez également faire identifier à vos élèves les quatre personnages principaux du jeu dans les vidéos « Destins croisés » et « Mémoires de la grande guerre ».

Bien qu’intéressant, le « Trailer de lancement » est certainement le document le plus difficile à exploiter didactiquement.

 

2) Dossier très complet du ministère français de l’Éducation nationale sur l’armistice du 11 novembre 1918.

Vous trouverez sur ce site toutes les données historiques indispensables concernant cet évènement, ainsi qu’un dossier pédagogique très pertinent. Ressource absolument incontournable.

 

3) Sélection de 16 tableaux.

Ces œuvres illustrent le changement de la représentation de la guerre chez beaucoup de peintres qui souhaitaient transmettre la brutalité du conflit et la déshumanisation des soldats.

Elles peuvent facilement servir de support pour une activité d’expression orale, après une brève introduction sur le sujet.

 

4) Archives de l’INA (Institut National de l’Audiovisuel).

Des dizaines de documents audiovisuels disponibles sur la Première Guerre Mondiale.

L’approche du conflit certainement la plus saisissante pour les élèves.

À noter que l’on peut accéder à la transcription de chaque vidéo et même cliquer sur une ligne de ce texte pour accéder directement à la séquence visuelle correspondante.

 

5) Lettres et écrits d’un soldat français.

Lettres et extraits de journaux de route de Charles Paul Nogué, qui participa au conflit à partir d’août 1914.

Témoignage direct donnant une vision très personnelle de la réalité vécue lors de cette guerre.

Ces documents sont suivis de plusieurs exercices de compréhension de l’écrit proposés par le Service éducatif des archives départementales de la Dordogne.

Le théâtre en classe de FLE

Pourquoi introduire des activités théâtrales en classe de FLE ?

L’approche communicative est de nos jours la plus plébiscitée par les profs de FLE. Il est donc évident que le théâtre a un rôle important à jouer dans ce type d’enseignement.

Outre les bénéfices liés à la pratique du théâtre en langue maternelle (par exemple ceux concernant l’important travail de mémorisation et l’expérience en groupe et face à un public), l’activité théâtrale en classe de FLE peut apporter du vécu aux élèves et ainsi leur faire ressentir « réellement » quelle est la fonction d’une langue.

Le fait de les transformer en « acteurs » de la classe doit leur faire prendre conscience, d’une manière agréable et valorisante, qu’ils peuvent utiliser le français pour communiquer, et ce dans des situations de communication très quotidiennes.

Mascara Teatro

Par ailleurs, le théâtre permet de travailler les quatre compétences associées à l’apprentissage d’une langue :

Compréhension des écrits : Les élèves doivent faire un grand effort préalable pour comprendre en profondeur le texte de la pièce.

Production écrite : on peut demander aux élèves d’adapter le texte à un contexte plus actuel ou de rédiger une rédaction sur les problématiques classiques liées au théâtre, notamment les relations acteur-personnage ou fiction-réalité.

Compréhension de l’oral : Les élèves doivent sans cesse être attentifs à leurs camarades et apprendre à s’écouter eux-mêmes.

Production orale : Il s’agit de la compétence la plus travaillée, non seulement au niveau de la prononciation, de la diction et de l’élocution mais aussi concernant l’expression corporelle qui peut utiliser des codes différents de ceux présents dans la langue maternelle des élèves. Les situations d’interaction orale sont les plus nombreuses mais il ne faut pas oublier qu’il est également possible de pratiquer le monologue.

 

Où trouver des textes théâtraux pour la classe de FLE ? Voici une sélection de 5 sites très utiles :

Le Proscenium, textes de théâtre contemporains : Site participatif qui propose plus de 4970 textes de tous types : pièces, sketchs, drames, tragédies, contes, saynètes, comédies.

Comédies Historiques pour les enfants : pièces historiques courtes (10-20 minutes) pour enfants (à partir de 11 ans).

Pièces de théâtre de Claude Burneau : 14 pièces pour enfants et adolescents, d’une durée variée (de 10 à 45 minutes) et avec de nombreux personnages.

Pièces pour enfants : 8 pièces pour enfants (7-11 ans), d’une durée de 20 à 30 minutes.

Kava.fr : 26 pièces pour enfants, la plupart très courtes.

 

Autres ressources à consulter :

TV5 Langue française, En scène(s) ! : Courts extraits de pièces classiques et contemporaines, avec transcription, résumé, exercices et séquence vidéo.

Théâtre et FLE : un enseignement transversal : Rapport de stage (Maîtrise FLE) de Véronique Weber. Très détaillé.

L’entrée dans le sens par le corps : Théâtre et Fle (version Word) : Article sur « l’appropriation d’une langue à travers une pratique artistique ». Une version Powerpoint est également disponible.

Le théâtre et l’éducation : chercher, imiter, interpréter et représenter : Article synthétique de X. Úcar Martínez sur le rapport théâtre-éducation.