Compréhension des écrits : la recette de la bûche de Noël

Bûche de NoëlJe vous propose, à l’approche des fêtes de fin d’année, une activité de compréhension des écrits (niveau B1-B2) basée sur la recette du dessert préféré des Français pour Noël : la bûche.

Document :

BUCHE DE NOEL

à la crème de marrons et au chocolat

[A/Pour] faire la veille.

Ingrédients pour 12 tranches (plaque de cuisson du biscuit 28×38 cm)

Biscuit roulé : ……………………

Sirop : ……………………

Crème intérieure : ……………………

Décor : ……………………

Technique

1 – Faire un biscuit roulé :

Mélanger les œufs, le sucre, la farine et la fécule. Verser le mélange sur la plaque de cuisson et mettre [le/au] four à 240°C pendant 8 min.

Pendant ce temps, faire le sirop : faire bouillir pendant 2-3 min l’eau avec le sucre du rhum.

Démouler le biscuit sur un torchon fin humidifié et sucré. Arroser le biscuit du sirop et rouler doucement le biscuit dans le torchon. Laisser refroidir sur une grille.

2 – Préparer la crème intérieure :

Passer les noix épluchées à la moulinette.

Faire une crème Chantilly : fouetter au batteur la crème fraîche liquide dans […………………………………..] préalablement réfrigéré.

Mélanger les noix et la crème Chantilly à la crème de marrons avec +/- 1 cs de rhum.

3 – Préparer le décor :

Faire […………………………………..] le chocolat en morceau au bain-marie avec la crème fraîche. Parfumer avec le rhum. Laisser refroidir puis mettre au […………………………………..] 30 min.

4 – Réaliser la bûche :

Garnir le biscuit avec la crème intérieure et le […………………………………..] avec la crème au chocolat (si [elle/c’] est trop dure, la ramollir au […………………………………..]). Dessiner l’écorce avec […………………………………..]. On peut couper les extrémités pour [les/leur] placer sur la bûche. Décorer avec les décors de pâtisserie. Saupoudrer de sucre glace juste avant [de/Ø] servir.

Questions :

  1. Remplissez les trous entre crochets à l’aide des termes suivants :

couvrir / réfrigérateur / fondre / une fourchette / bain-marie / un saladier

  1. Barrer l’option incorrecte parmi celles proposées entre crochets.
  1. Associez à chaque partie de la bûche sa liste d’ingrédients.

a) 100 ml d’eau, 60 g de sucre, +/- 1 cs de rhum.

b) 5 œufs, 150 g de sucre fin, 75 g de farine, 75 g de fécule.

c) 200 g de chocolat, 150 g de crème fraîche, 2 cs de rhum, du sucre glace, des décors de pâtisserie.

d) 5 cs bombées de crème de marrons, 150 g de crème fraîche liquide, 1 cs de rhum, 250 g de noix entières (ou 125 g de cerneaux de noix).

  1. Ecrivez le(s) substantif(s) correspondant aux abréviations suivantes :

cm : …………………………………

g : …………………………………

ml : …………………………………

cs : …………………………………

min : …………………………………

  1. Associez à chaque verbe sa définition (n’oubliez pas de recourir au contexte de la recette).

bouillir : ….   démouler : ….       arroser : ….     fouetter : ….     garnir : ….     ramollir : ….     saupoudrer : ….

a) rendre quelque chose mou ou moins dur

b) battre rapidement quelque chose pour le faire mousser

c) retirer quelque chose du moule

d) remplir quelque chose

e) être en ébullition

f) répandre sur quelque chose une légère couche d’une matière sous forme de poudre

g) mouiller quelque chose en y versant un liquide

Voici quelques liens supplémentaires :

Version pdf de cette activité.

Fichier pdf du corrigé de cette activité.

Fichier pdf de la version complète de cette recette.

Article sur l’origine et l’histoire de la bûche de Noël (par La France pittoresque)

Autres activités FLE concernant la bûche de Noël: un exercice à trous de Carmen Vera, et un texte et des questions de compréhension par le CDEACF de Québec.

JOYEUX NOËL À TOUS !

Culture FLE : les indispensables des fêtes de Noël

Les fêtes de fin d’année approchent et c’est le moment de proposer aux élèves des supports d’activités liés à Noël. Voici quelques œuvres de la culture populaire francophone qui, j’en suis sûr, pourront vous être utiles.

 Film : « Joyeux Noël », de Christian Carion (2005).

Les fêtes de Noël et le centenaire de la Première Guerre Mondiale (1914-1918) sont un excellent prétexte pour faire découvrir ce film basé sur des faits historiques de décembre 1914. Combattant sans relâche dans les tranchées, des soldats français, écossais et allemands fraternisent finalement grâce à des chants de Noël et décrètent une trêve. Les militaires, quelles que soient leur nationalité et leur langue, semblent tous des victimes de l’absurdité de la guerre. La majorité des dialogues du film sont en français, d’autres en anglais et en allemand, ce qui peut aider les élèves à prendre conscience de l’importance de maîtriser des langues étrangères pour pouvoir communiquer avec autrui et ainsi mieux se connaître et s’apprécier.

Pièce de théâtre : « Le Père Noël est une ordure », de la troupe du Splendid (1979).

« Le Père Noël est une ordure » est certainement l’œuvre que les Français associent le plus à la période des fêtes de Noël. Son succès comme pièce de théâtre fut tel que la troupe décida de l’adapter au cinéma en 1982. Le film, qui porte le même titre, est depuis diffusé à la télévision chaque année à la période de Noël, tout comme l’enregistrement télévisé de la pièce. Cette histoire « culte » nous présente le Réveillon de Noël de trois bénévoles de l’association S.O.S. détresse amitié qui non seulement répondent aux appels téléphoniques de personnes désespérées (ou désespérantes) mais reçoivent également la visite d’individus pour le moins surprenants.

 

Chanson : « Petit Papa Noël », interprétée par Tino Rossi (1946).

Il s’agit, pour la majorité des Français, de la plus belle chanson de Noël. Le soir du Réveillon, un enfant s’adresse au Père Noël et le prie de ne pas oublier de lui apporter ses cadeaux. Tino Rossi est le chanteur français qui a vendu le plus de disques dans le monde (plus de 500 millions) et « Petit Papa Noël » détient de son côté le record de vente de « single » français (5,7 millions). Voici un pdf où vous trouverez les paroles complètes de la chanson ainsi que deux activités basées sur celles-ci.

 

Chant de Noël : « Il est né le divin enfant », de la fin du XIXème siècle.

C’est le chant de Noël d’origine française le plus connu. Il évoque la naissance du Christ. Il a notamment été interprété par les Petits Chanteurs à la Croix de Bois (voir vidéo).

 

Livres : « Cher Père Noël » et « Le Noël de Nicolas » du Petit Nicolas de Goscinny et Sempé (2006)

Ces deux histoires du Petit Nicolas ont d’abord été publiées en 2006 dans le volume 2 des « Histoires inédites du Petit Nicolas », puis dans le recueil intitulé « Le Petit Nicolas, c’est Noël ! » en 2010. Lecture toujours aussi recommandable, aussi bien pour les enfants que pour les adultes, ne serait-ce que pour l’humour tendre et le langage si original du petit écolier, ici sur fond de magie de Noël.

 

 Conte de Noël : « La chasse-galerie », version d’Honoré Beaugrand (1900)

D’origine poitevine et mêlée à des mythes amérindiens par les colons français, « La chasse-galerie » est l’une des légendes les plus populaires au Québec. De tradition orale, la transcription écrite réalisée par Honoré Beaugrand en 1900 est devenue la version de référence. 8 bûcherons font un pacte avec le diable pour qu’il les emmène auprès de leur famille pour le Réveillon du Nouvel An. S’ils ne veulent pas perdre leur âme, ils devront respecter certaines conditions, comme par exemple ne pas jurer ou ne pas boire. Vous pouvez écouter et télécharger gratuitement le fichier mp3 correspondant à la lecture du texte sur le site litteratureaudio.com.

5 idées concernant les punitions scolaires

  1. Bien expliquer les raisons de la punition et être conscient de son impact chez l’élève.

CastigoLe comportement perturbateur de certains élèves provoque habituellement un problème relationnel avec le professeur et un rejet réciproque. Dans de nombreux cas, l’élève ne comprend pas les raisons de la punition ou pense qu’elles sont insignifiantes. Ce sentiment d’injustice peut engendrer une logique de confrontation et de provocations : la sanction n’a alors qu’une dimension répressive.

C’est pourquoi la punition doit être une tâche qui fasse comprendre à l’élève pourquoi son comportement est contraire aux règles à respecter et pourquoi celles-ci sont absolument nécessaires.

 

  1. Éviter les punitions diffuses.

Les punitions diffuses sont celles que le professeur applique de manière spontanée et souvent inconsciente, par exemple lorsqu’il fait des remarques ironiques ou sarcastiques, ou fait preuve d’indifférence, voire de mépris, envers certains élèves. Ce rapport de domination ne fait qu’augmenter le sentiment de rejet entre l’élève et le professeur. En outre, l’adulte demeure toujours le modèle de l’enfant et, par conséquent, celui-ci a tendance à reproduire par mimétisme ce comportement avec ses camarades ou même d’autres adultes.

Il ne faut bien sûr jamais émettre de jugements trop négatifs, comme par exemple « Tu n’es vraiment pas doué. », car les élèves le croiront et agiront en conséquence.

 

  1. Personnaliser au maximum la punition.

La punition collective semble n’avoir aucun effet positif et ne faire naître chez l’élève qu’un sentiment d’injustice.

Il est donc recommandable d’adapter au mieux la punition au profil de chaque enfant et de la faute qu’il a commise. Au lieu d’automatiser l’application d’un certain type de sanction en fonction du comportement observé, certains professeurs ont observé qu’il est plus efficace de différer la punition, en expliquant à l’élève qu’ils ont besoin de temps pour déterminer quelle est, dans ce cas précis, la punition la plus pertinente. Ce délai permet à l’élève de réfléchir et de mieux comprendre ce qu’on lui reproche.

 

  1. Donner l’image d’un adulte juste, qui sait punir mais aussi encourager.

Il est important de bien distinguer entre l’erreur et la personne, de faire comprendre à l’élève que ce qu’il a fait n’est pas acceptable mais qu’il n’est pas pour autant un individu qui ne peut s’intégrer au groupe. Il doit réaliser que la punition lui permettra de réparer son erreur sans qu’il n’y ait de conséquences négatives concernant sa relation avec ses camarades et le professeur.

Pour être crédible, l’enseignant doit évidemment traiter tous les élèves de manière équitable, s’interdire les choses qu’il pourrait leur reprocher (arriver en retard, manquer de respect, etc.), appliquer systématiquement les sanctions annoncées et s’excuser lui-même s’il commet des erreurs.

S’il est indispensable que l’élève prenne conscience de ce qu’il fait mal, il est également primordial de l’encourager lorsque l’on constate qu’il s’efforce d’améliorer son comportement. Cette reconnaissance ne peut que renforcer la légitimité et l’autorité de l’enseignant.

 

  1. Élaborer des punitions constructives.

L’objectif d’une punition constructive, contrairement à celles jugées inutiles (notamment faire copier des dizaines ou des centaines de fois la même phrase), est de faire réfléchir l’élève sur son erreur, l’impact que celle-ci a pu avoir sur les autres et la manière dont il peut la réparer et éviter qu’elle se reproduise.

En classe de FLE, l’option privilégiée pour atteindre cet objectif correspond habituellement à des tâches de compréhension et de production écrites. Voici quelques idées qui me semblent intéressantes :

-L’élève doit chercher dans le dictionnaire la définition du mot « respect » et rédiger un texte structuré dans lequel il explique pourquoi le respect est nécessaire, en quoi il s’est montré irrespectueux, ce qu’ont pu ressentir, selon lui, les victimes de son manque de respect et comment il se sentirait lui-même s’il avait été à leur place.

-L’élève doit rédiger une rédaction dont voici le sujet : « Imaginez que vous êtes un professeur de français et rédigez les 10 principales règles de discipline que devront respecter vos élèves. »

-L’élève doit répondre, par écrit, à 3 questions simples, à établir en fonction du contexte de l’erreur commise, par exemple : « Pourquoi je n’ai pas fait mes devoirs ? », « Pourquoi je dois les faire ? » et « Quelles décisions je vais prendre pour toujours réussir à les faire ? ».

On peut également imaginer quelques tâches de production orale, notamment faire faire à l’élève une présentation en français sur le ou les aspects du cours que son mauvais comportement ne nous a pas permis de bien expliquer à la classe.

Saint-Pierre et Miquelon, la France en Amérique du Nord

Saint-Pierre et Miquelon est un archipel français situé à 25 kilomètres au sud-ouest de la grande île canadienne de Terre-Neuve. Sa superficie est de 242 km2 et ses habitants, les Saint-Pierrais et Miquelonnais et les Saint-Pierraises et Miquelonnaises, sont environ 6.300. Le décalage horaire par rapport à Paris est de 4 heures.

Voici quelques informations sur cette présence française en Amérique qui, j’espère, vous intéresseront et qui sont les réponses aux questions que me posent généralement mes élèves à ce sujet :

Pourquoi ce territoire est-il français ?

La chasse à baleine dans les eaux de l’archipel attire d’abord des Inuits, puis des pêcheurs basques, bretons et normands qui s’y établissent de manière saisonnière. C’est cependant le navigateur portugais João Alvares Fagundes qui découvre officiellement ces îles en 1520.

En 1536, l’explorateur français Jacques Cartier en prend possession au nom du roi de France, François Ier. Appelées d’abord « Îles Saint-Pierre », elles deviennent quelques années plus tard « Îles Saint-Pierre et Miquelon ». Le terme « Miquelon » ferait référence au patron des basques espagnols « San Miguel ».

Entre 1604 et 1816, l’archipel subit 4 vagues d’occupations de la part des Britanniques (70 ans au total). Saint-Pierre et Miquelon devient définitivement français en 1816. Déclaré Département d’Outre-Mer en 1976, puis Collectivité Territoriale en 1985, ce territoire a le statut de Collectivité d’Outre-Mer depuis 2003.

 

Fait-il partie de l’Union européenne ?

Partiellement. Saint-Pierre et Miquelon est considéré par l’Union européenne comme un PTOM (Pays et Territoire d’Outre-Mer), c’est-à-dire un territoire situé hors de l’UE mais appartenant à un pays membreSes habitants ont un passeport français et européen, utilisent l’euro et participent aux élections au Parlement européen.

Toutefois, ce territoire ne fait pas partie de l’espace Schengen et n’est pas un territoire douanier de l’UE.

 

L’influence nord-américaine y est-elle très forte ?

L’un des signes les plus évidents de cette influence est le type de maisons construites sur l’île : en bois et de couleurs très variées (jaune, bleu roi, rouge, vert pâle, etc.). En ce qui concerne l’automobile, les véhicules proviennent généralement du continent américain car ils sont beaucoup moins chers que ceux importés d’Europe. Il en est de même pour les produits alimentaires.

En revanche, aux niveaux historique, culturel, éducatif et linguistique, les habitants de Saint-Pierre et Miquelon se sentent très proches de ceux de la métropole, même s’ils maintiennent d’excellentes relations, malgré la barrière de langue, avec les Canadiens de l’île de Terre-Neuve, pratiquement tous anglophones (95%).

 

Le français parlé sur l’archipel est-il le même qu’en métropole ?

Excepté la présence de quelques expressions différentes (on dit par exemple « Ça dit ? » au lieu de « Ça va ? », et on répond « Ça pète ! »), le français utilisé à Saint-Pierre et Miquelon est pratiquement le même que celui employé en métropole. Les Français métropolitains sont souvent surpris de constater que les habitants locaux « n’ont aucun accent », contrairement aux locuteurs québécois et acadiens dont la prononciation et les particularismes lexicaux sont très facilement reconnaissables.

Si vous désirez découvrir plus en détail le français parlé à Saint-Pierre et Miquelon, n’hésitez pas à lire ces deux articles très intéressants d’Edgar Aubert de la Rüe.

 

Où les enfants de Saint-Pierre et Miquelon vont-ils à l’école ?

Ils peuvent réaliser toutes leurs études jusqu’à l’obtention du baccalauréat dans les établissements scolaires de l’île, qui dépendent de l’académie de Caen. Puis, ceux qui veulent réaliser des études universitaires partent, la plupart, pour la métropole et les autres pour le Canada ou les États-Unis. Ils bénéficient pour cela d’une bourse payée par les autorités de l’archipel.

 

Je vous propose par ailleurs 2 supports d’activités à exploiter en cours de FLE :

Compréhension des écrits : Extrait des « Mémoires d’Outre-Tombe », où Chateaubriand évoque son séjour dans l’archipel en 1791.

Compréhension de l’oral et productions écrite et orale : « La veuve de Saint-Pierre », film de Patrice Leconte (2000). (Voir la bande-annonce). Basé sur des faits réels qui se déroulèrent sur l’archipel, le film aborde la problématique de la peine de mort et de la réhabilitation. Vous pouvez également utiliser cet entretien télévisé où les deux acteurs principaux, Juliette Binoche et Daniel Auteuil, évoquent leur vision du film et du sujet traité.

5 idées pour améliorer son vocabulaire

brainfingerprint221RGBDifférentes méthodologies d’apprentissage des langues étrangères ont été successivement préconisées au fil des deux derniers siècles. La tendance actuelle est souvent décrite par les spécialistes comme la didactique de « l’éclectisme ». De nos jours, l’enseignant semble en effet adapter constamment son approche méthodologique en ne s’interdisant aucune stratégie ni aucun support. Le recours à la langue maternelle de l’élève, longtemps banni, est par exemple de nouveau utilisé avec succès par beaucoup de professeurs de FLE.

Cette nouvelle flexibilité peut notamment s’appliquer à l’enseignement du lexique FLE. C’est pourquoi je pense qu’on peut, d’une part, exploiter les bénéfices d’une approche communicative qui privilégie l’apprentissage implicite du vocabulaire et, d’autre part, continuer à recommander des stratégies visant à l’apprentissage explicite du lexique.

Voici, concernant celles-ci, les 5 idées dont j’aimerais vous faire part et que, j’espère, vous souhaiterez transmettre à vos élèves :

  1. Créer ses propres cartes de vocabulaire avec Anki.

Anki est un programme basé sur la répétition espacée de cartes virtuelles qui permettent d’associer et de mémoriser deux informations, par exemple un mot en français et sa traduction en espagnol.

Bien qu’il existe des paquets de cartes à télécharger gratuitement, le grand avantage d’Anki est le grand nombre d’options qu’il nous offre pour créer nos propres cartes. On peut y intégrer des images, des fichiers audio, créer des textes à trous, inverser l’ordre de présentation, changer l’apparence du texte, etc. (Voir cette vidéo).

Son efficacité est due à la répétition programmée des cartes. Après l’affichage de chaque réponse, l’utilisateur doit s’autoévaluer et indiquer s’il s’en souvenait très bien, assez bien ou absolument pas. S’il choisit la première option, le programme lui reposera la même question quatre jours après alors que s’il sélectionne la troisième, le délai sera de quelques minutes. Toutes les valeurs d’espacement temporel des questions peuvent être configurées par l’utilisateur.

L’interface est disponible en français.

  1. Réaliser les cours de vocabulaire disponibles sur Memrise.

Memrise est une application très similaire à Anki.

Remarquons cependant que « la ludification » semble faire partie de la stratégie d’apprentissage de Memrise et c’est certainement la raison pour laquelle ses graphismes sont beaucoup plus élaborés. Point négatif : l’interface n’est malheureusement pas disponible en français.

Il est également possible de créer ses propres paquets de cartes mais le principal intérêt de Memrise est de pouvoir choisir des cours différents non seulement en fonction de la langue cible mais aussi de la langue source. Par exemple, si l’utilisateur parle espagnol et veut perfectionner son lexique de français, il pourra réaliser l’un de ces cours. S’il parle anglais, il pourra choisir l’un de ceux-là.

Certains apprenants préfèrent Anki (plus efficace), d’autres Memrise (plus ludique). À vous de choisir ce qui vous convient le mieux !

  1. Apprendre de nouveaux mots en naviguant sur Internet grâce à Lingua.ly.

Une fois l’extension Lingua.ly installée sur le navigateur, il suffit de double-cliquer sur un mot pour en découvrir le sens et en écouter la prononciation, ce qui permet de ne pas trop ralentir le rythme de lecture.

Cette fonctionnalité, également proposée par Google Dictionary, une extension du navigateur Chrome, n’est que la première étape du processus d’apprentissage de Lingua.ly. En effet, les mots sur lesquels nous avons cliqué sont « collectés » sur notre compte. Puis, pour nous aider à les mémoriser définitivement, l’application nous propose des questionnaires et des textes (où le terme apparaît dans d’autres contextes possibles). On peut également choisir l’image à laquelle nous voulons associer le concept appris.

Il est par ailleurs possible d’exporter ou de modifier à tout moment la liste des mots collectés.

  1. Réviser régulièrement les listes des mots les plus fréquents.

Il existe sur Internet beaucoup de listes regroupant les termes les plus utilisés en français. Cependant, il est important de bien vérifier si le type de langage sur lequel a été basée l’étude correspond bien aux objectifs de l’apprenant.

Distinguons notamment la liste réalisée par le lexicologue Étienne Brunet qui recense, par ordre décroissant de fréquence, les mots « que lisent les élèves francophones » (très intéressante dans un contexte scolaire et de langue écrite), de celle élaborée à partir de milliers de sous-titres de films et de séries télé (très pertinente pour les élèves désirant apprendre le français oral plus contemporain et plus authentique).

  1. Appliquer la méthode des Post-It

Existe-t-il une méthode dont l’efficacité ne soit plus à prouver et qui ne demande aucun effort de mémorisation de la part de l’apprenant, autrement dit la méthode parfaite ? Oui, il suffit de coller des Post-It sur des objets se trouvant chez nous et, si possible, sur notre lieu de travail (ou d’études), avec le nom de ceux-ci écrits dans la langue cible.

On apprend ainsi le vocabulaire en situation et même si on ne lit pas chaque fois le mot écrit sur le Post-It, notre cerveau traitera de toutes façons l’information.

Une fois le terme acquis, on peut remplacer le mot par une phrase le contenant en créant, par exemple, une affiche fixée sur la porte du frigo indiquant « N’oublie pas de fermer la porte du frigo ! ». Cela nous permet de mémoriser des phrases entières qui, souvent, peuvent servir d’exemple pour des règles grammaticales compliquées.

5 ressources numériques sur l’armistice du 11 novembre 1918

Le 11 novembre est un jour férié en France et en Belgique (ainsi qu’au Canada pour les fonctionnaires fédéraux et les militaires). On y commémore ce jour-là, tout comme dans d’autres pays d’Europe et du Commonwealth, la signature de l’armistice du 11 novembre 1918 qui mit fin à la Première Guerre Mondiale.

Ce conflit provoqua la mort d’environ 10 millions de militaires et 9 millions de civils dans le monde. Cette guerre fut d’ailleurs vite surnommée la « Der des Ders », c’est-à-dire la « Dernière des Dernières », car tout le monde souhaitait qu’un massacre d’une telle envergure ne se reproduisît plus.

A l’occasion du 96ème anniversaire de cet armistice, je crois qu’il est important de favoriser la réflexion des élèves, notamment sur les causes et les conséquences de ce conflit atroce et l’importance du devoir de mémoire pour construire un meilleur futur commun.

Pour cela, vous pouvez vous baser sur de nombreuses ressources numériques disponibles sur le web. Voici celles que j’ai sélectionnées pour vous :

 

1) Vidéos promotionnelles du jeu vidéo « Soldats inconnus, Mémoires de la Grande Guerre », d’Ubisoft.

Il s’agit d’une manière originale de présenter le conflit, tout en travaillant la compréhension de l’oral. La réponse des élèves est normalement très positive. Quatre bandes-annonces du jeu sont disponibles.

Voici la plus accessible pour les apprenants, intitulée « Retour au front » :

Vous pouvez également faire identifier à vos élèves les quatre personnages principaux du jeu dans les vidéos « Destins croisés » et « Mémoires de la grande guerre ».

Bien qu’intéressant, le « Trailer de lancement » est certainement le document le plus difficile à exploiter didactiquement.

 

2) Dossier très complet du ministère français de l’Éducation nationale sur l’armistice du 11 novembre 1918.

Vous trouverez sur ce site toutes les données historiques indispensables concernant cet évènement, ainsi qu’un dossier pédagogique très pertinent. Ressource absolument incontournable.

 

3) Sélection de 16 tableaux.

Ces œuvres illustrent le changement de la représentation de la guerre chez beaucoup de peintres qui souhaitaient transmettre la brutalité du conflit et la déshumanisation des soldats.

Elles peuvent facilement servir de support pour une activité d’expression orale, après une brève introduction sur le sujet.

 

4) Archives de l’INA (Institut National de l’Audiovisuel).

Des dizaines de documents audiovisuels disponibles sur la Première Guerre Mondiale.

L’approche du conflit certainement la plus saisissante pour les élèves.

À noter que l’on peut accéder à la transcription de chaque vidéo et même cliquer sur une ligne de ce texte pour accéder directement à la séquence visuelle correspondante.

 

5) Lettres et écrits d’un soldat français.

Lettres et extraits de journaux de route de Charles Paul Nogué, qui participa au conflit à partir d’août 1914.

Témoignage direct donnant une vision très personnelle de la réalité vécue lors de cette guerre.

Ces documents sont suivis de plusieurs exercices de compréhension de l’écrit proposés par le Service éducatif des archives départementales de la Dordogne.

5 sites pour améliorer sa conversation en FLE

Parler en français avec un locuteur natif est, à mon avis, indispensable si l’on veut maintenir ou perfectionner sa maîtrise de la langue de Molière et conserver un contact très proche avec la culture francophone actuelle.

Je crois qu’il est important d’expliquer aux élèves que l’apprentissage d’une langue étrangère est un processus permanent, basé sur l’étude et la communication, et que même le professeur, qui doit montrer l’exemple, a besoin, de temps en temps, de mettre à jour ses compétences.

De nombreux sites web permettent aujourd’hui de réaliser gratuitement des échanges de conversation français-espagnol. Le fonctionnement de l’échange est très simple: s’ils disposent par exemple d’une heure, les deux interlocuteurs parlent, via vidéoconférence, une demi-heure en français, puis trente minutes en espagnol, ou l’inverse. Ils peuvent choisir de corriger immédiatement les erreurs de leur partenaire ou de les noter pour les lui communiquer plus tard. Il est préférable de se mettre d’accord sur ce point avant de commencer le premier échange.

D’autre part, même si vous partagez beaucoup d’affinités avec votre interlocuteur, il est toujours conseillé de préparer quelques thèmes de conversation, de préférence concernant l’actualité. Je vous recommande également de réaliser ce type d’échange avec plusieurs interlocuteurs, notamment pour vous habituer à la grande variété d’accents des francophones natifs.

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Voici la liste des 5 sites que j’ai sélectionnés pour vous :

  1. Polyglot Club

Créé par deux Français, ce site compte plus de 97.000 membres inscrits en France, c’est-à-dire certainement la plus grande communauté au monde de francophones souhaitant réaliser des échanges de conversation. Il vous suffit de vous inscrire et de cliquer sur «Trouver des amis» pour découvrir les partenaires qui vous conviennent. Très simple à utiliser.

  1. Italki

Ce site propose des cours payants mais permet également d’échanger gratuitement des conversations. Vous pouvez trouver facilement des «correspondants» grâce aux filtres généraux (langue maternelle, langue apprise, âge, pays de résidence) et à d’autres plus spécifiques, comme par exemple les thèmes dont ils aiment parler.

  1. My Language Exchange.com

Ce site permet à l’utilisateur de choisir s’il souhaite être contacté par courriel, chat, ou vidéoconférence. L’interface est en anglais mais c’est certainement la plus claire de toutes. Il est extrêmement simple d’accéder à une sélection de partenaires idéaux mais on doit échanger quelques courriels avant de pouvoir engager une conversation virtuelle avec l’un d’entre eux.

  1. Busuu

Busuu est l’une des applications d’apprentissage de langues étrangères les plus populaires au monde. La pratique de l’expression orale avec un locuteur natif est l’une des activités que l’utilisateur doit réaliser dans chaque leçon. Cependant, il est possible à tout moment de commencer une conversation avec un francophone. Signalons que les graphismes se sont nettement améliorés par rapport à la première version du site.

  1. SharedTalk

Bien qu’il s’agisse d’un site web créé en principe comme complément d’une méthode payante, l’accès y est totalement gratuit. Il est vrai que l’inscription est un peu longue mais l’utilisation de filtres détaillés vous permet de trouver très rapidement un interlocuteur qui corresponde à vos critères de recherche. Comme sur Busuu, un système de chat vocal est intégré au site, il n’est donc pas nécessaire d’utiliser Skype ou Hangouts pour parler.

 

Si vous réalisez vous-même régulièrement cette activité, vous pourrez ensuite profiter de votre expérience pour organiser plus facilement des échanges de conversation entre vos élèves et ceux d’une école d’un pays francophone et, si les apprenants sont majeurs, leur conseiller quels sites ils peuvent utiliser pour trouver un «correspondant virtuel».

N’hésitez pas à découvrir également notre post « 5 idées pour améliorer son vocabulaire ».

8 conseils pour bien utiliser le TNI (Tableau Numérique Interactif)

Le TNI (Tableau Numérique Interactif), appelé également TBI (Tableau Blanc Interactif), a fait son apparition dans les salles de cours il y a une dizaine d’années. Souvent confondu avec le VPI (Vidéoprojecteur Interactif), il s’agit d’un écran tactile équipé d’un vidéoprojecteur et relié à un ordinateur. Son coût élevé et son apparente complexité ont freiné son implantation, certains professeurs remettant même en cause son utilité.

Ses avantages sont pourtant à mon avis nombreux. Voici mes 8 conseils pour en optimiser l’utilisation :

1) Réaliser, si possible, une installation fixe

Il est préférable que le TNI soit installé de manière permanente dans la salle de cours. Les élèves l’identifient ainsi comme le tableau principal et s’y habituent de manière très naturelle. D’autre part, c’est une situation beaucoup plus commode pour le professeur qui perd moins de temps en début et en fin de séance et qui peut, lorsqu’il n’a pas cours, « s’autoformer » en découvrant peu à peu les différentes fonctions de l’appareil.

2) Installer le TNI perpendiculairement aux fenêtres et face aux élèves

Pour éviter les reflets provoqués par la lumière du jour et améliorer le contraste de l’écran, il faut placer le TNI le plus loin possible des fenêtres et perpendiculairement à celles-ci (qui peuvent être équipées d’un rideau). Les élèves doivent toujours faire face au TNI.

3) Préparer un plan B en cas de panne

Etant donné la complexité technologique et le nombre de dispositifs utilisés simultanément, il est possible que la séance ne se déroule pas « techniquement » comme on l’avait prévu, surtout lorsque l’on est novice en la matière. C’est pourquoi il est recommandable de toujours préparer des activités alternatives au cas où l’on serait obligé de continuer le cours sans le support numérique du TNI.

4) Apprendre progressivement à utiliser toutes les fonctions du TNI

On peut d’abord commencer par utiliser le TNI pour écrire, comme s’il s’agissait d’un tableau traditionnel, puis pour projeter toutes les ressources audiovisuelles dont on dispose et enfin pour incorporer au cours les travaux réalisés par les élèves et interagir avec ceux-ci. Pizarra Digital 2 (1) 5) Créer des activités spécifiques

De nombreuses activités peuvent être créées spécifiquement grâce au TNI qui permet de déplacer et de masquer les éléments apparaissant sur l’écran : classer, mettre dans l’ordre ou déplacer des phrases, des mots ou des images, réaliser des jeux éducatifs ou des activités sur Internet, corriger les fautes d’un camarade, présenter un exposé, etc.

6) Intégrer les réactions des élèves

L’interactivité avec les élèves ne doit pas être limitée à la réalisation des activités. Il faut en effet essayer de leur montrer que le TNI est également un outil à leur disposition. On ne doit pas hésiter, par exemple, à les encourager à illustrer leurs commentaires en classe en réalisant une recherche sur Internet et à en partager le résultat avec leurs camarades. Cela devrait en principe renforcer leur intérêt pour le cours.

7) Se servir du TNI pour réaliser un suivi des cours

La possibilité d’enregistrer des notes lors de chaque séance permet de réaliser une meilleure transition entre chaque cours. On peut ainsi réaliser un « cahier de texte » en ligne que les élèves peuvent consulter à tout moment, et notamment s’ils ont été absents à un cours et veulent en connaître le contenu et les commentaires que le professeur y a ajoutés.

8) Utiliser les ressources disponibles sur Internet

Il est très utile de consulter les sites de partage des utilisateurs de Promethean, Smart et Sankore, entre autres, où l’on peut télécharger des séquences didactiques, partager les siennes et bénéficier de tous types d’aide.

Concernant le FLE, soulignons l’existence de la rubrique de TV5 « Les tableaux numériques interactifs pour l’enseignement du FLE », qui propose 8 activités spécifiques pour les TNI, niveaux A2 et B1.

 

Comme souvent, le plus important n’est pas l’outil en soi mais la manière dont on l’utilise. S’il est vrai que, dans un premier temps, l’utilisation des TNI attire l’attention des élèves, ceux-ci se rendent vite compte que la matière et ses objectifs sont les mêmes. Il faut donc tenter d’incorporer aux séquences didactiques tous types de documents, le moins redondants possible avec les explications écrites et orales.

Même si les avantages des TNI me semblent clairs, je pense qu’on doit essayer de continuer à diversifier les situations de classe et ne pas commencer à utiliser uniquement des supports numériques.

Vos commentaires sont bien sûr les bienvenus.

Le théâtre en classe de FLE

Pourquoi introduire des activités théâtrales en classe de FLE ?

L’approche communicative est de nos jours la plus plébiscitée par les profs de FLE. Il est donc évident que le théâtre a un rôle important à jouer dans ce type d’enseignement.

Outre les bénéfices liés à la pratique du théâtre en langue maternelle (par exemple ceux concernant l’important travail de mémorisation et l’expérience en groupe et face à un public), l’activité théâtrale en classe de FLE peut apporter du vécu aux élèves et ainsi leur faire ressentir « réellement » quelle est la fonction d’une langue.

Le fait de les transformer en « acteurs » de la classe doit leur faire prendre conscience, d’une manière agréable et valorisante, qu’ils peuvent utiliser le français pour communiquer, et ce dans des situations de communication très quotidiennes.

Mascara Teatro

Par ailleurs, le théâtre permet de travailler les quatre compétences associées à l’apprentissage d’une langue :

Compréhension des écrits : Les élèves doivent faire un grand effort préalable pour comprendre en profondeur le texte de la pièce.

Production écrite : on peut demander aux élèves d’adapter le texte à un contexte plus actuel ou de rédiger une rédaction sur les problématiques classiques liées au théâtre, notamment les relations acteur-personnage ou fiction-réalité.

Compréhension de l’oral : Les élèves doivent sans cesse être attentifs à leurs camarades et apprendre à s’écouter eux-mêmes.

Production orale : Il s’agit de la compétence la plus travaillée, non seulement au niveau de la prononciation, de la diction et de l’élocution mais aussi concernant l’expression corporelle qui peut utiliser des codes différents de ceux présents dans la langue maternelle des élèves. Les situations d’interaction orale sont les plus nombreuses mais il ne faut pas oublier qu’il est également possible de pratiquer le monologue.

 

Où trouver des textes théâtraux pour la classe de FLE ? Voici une sélection de 5 sites très utiles :

Le Proscenium, textes de théâtre contemporains : Site participatif qui propose plus de 4970 textes de tous types : pièces, sketchs, drames, tragédies, contes, saynètes, comédies.

Comédies Historiques pour les enfants : pièces historiques courtes (10-20 minutes) pour enfants (à partir de 11 ans).

Pièces de théâtre de Claude Burneau : 14 pièces pour enfants et adolescents, d’une durée variée (de 10 à 45 minutes) et avec de nombreux personnages.

Pièces pour enfants : 8 pièces pour enfants (7-11 ans), d’une durée de 20 à 30 minutes.

Kava.fr : 26 pièces pour enfants, la plupart très courtes.

 

Autres ressources à consulter :

TV5 Langue française, En scène(s) ! : Courts extraits de pièces classiques et contemporaines, avec transcription, résumé, exercices et séquence vidéo.

Théâtre et FLE : un enseignement transversal : Rapport de stage (Maîtrise FLE) de Véronique Weber. Très détaillé.

L’entrée dans le sens par le corps : Théâtre et Fle (version Word) : Article sur « l’appropriation d’une langue à travers une pratique artistique ». Une version Powerpoint est également disponible.

Le théâtre et l’éducation : chercher, imiter, interpréter et représenter : Article synthétique de X. Úcar Martínez sur le rapport théâtre-éducation.

Tutoyer ou vouvoyer ses élèves ? Une question délicate pour un prof de FLE

Aucune règle ne permet en français de systématiser à 100% l’utilisation du tutoiement et du vouvoiement. Il y a de nombreuses variables à prendre en compte et les avis divergent beaucoup. C’est un sujet particulièrement sensible dans le monde de l’enseignement car le fait de se tutoyer ou de se vouvoyer est un élément déterminant dans la relation professeur-élèves.

S’il est vrai qu’en Espagne le tutoiement semble largement majoritaire dans le primaire et le secondaire, il convient à mon avis, lorsque l’on y enseigne le FLE, de se poser la même question que les profs qui enseignent en France : dois-je tutoyer ou vouvoyer mes élèves ? En effet, il ne me paraît absolument pas contradictoire de décider de vouvoyer ses élèves lorsqu’on s’adresse à eux en français et de les tutoyer si l’on doit le faire en espagnol. Beaucoup d’enseignants d’espagnol en France tutoient leurs élèves en espagnol et les vouvoient en français, et ce d’une manière totalement naturelle.

Il est évident que la réponse à la question précédente n’est pas facile puisque même le principe de réciprocité n’est pas préconisé par tous : certains estiment que le prof et les élèves doivent utiliser le même pronom, d’autres qu’il faut marquer la différence de rôle.

Je crois qu’il s’agit avant tout d’une question personnelle et que chaque professeur doit prendre la décision la plus adaptée à sa situation concrète et au type de relation qu’il veut établir avec ses élèves.

Je me suis cependant permis d’établir une liste de possibles avantages du tutoiement et du vouvoiement, qui n’est bien sûr pas exhaustive.

 

 

Possibles avantages du tutoiement:

-Il permet de créer une proximité avec l’élève.

Le vouvoiement peut être considéré comme trop distant et pouvant parfois être utilisé pour refléter un sentiment de mépris de la part du prof.

Le vouvoiement peut paraître un peu artificiel, car, hors de l’école, il n’est pas naturel de tutoyer en français un enfant de moins de 13-14 ans.

 

Possibles avantages du vouvoiement:

-Il permet à un enseignant peu expérimenté de garder avec ses élèves une distance plus facile à gérer qu’une familiarité complexe.

-Il permet de marquer le respect envers les élèves et donc d’enseigner par l’exemple le respect d’autrui (et notamment le respect dû au professeur)

-Il permet de faire comprendre à l’élève que chaque personne occupe un rôle bien déterminé dans la société et qu’il existe des règles à suivre associées à chacun d’entre eux.

-Il permet de préparer les élèves à faire face à des conversations où leur interlocuteur utilise le vouvoiement et d’éviter ainsi qu’ils puissent alors se sentir socialement inférieurs à lui.

Certains élèves apprécient le fait d’être vouvoyés parce qu’ils sentent qu’on les traite comme des adultes responsables. De plus, le vouvoiement les aide à prendre conscience que ce sont eux qui ont le rôle le plus important dans le processus d’apprentissage.

Le tutoiement peut être parfois utilisé de manière condescendante et refléter alors un sentiment de supériorité de la part du prof.

 

Mon intention ici est avant tout de lancer le débat, c’est pourquoi j’attends avec impatience le témoignage des profs de FLE en Espagne. Je suis sûr que leur expérience sera très enrichissante pour tous ! Merci d’avance !