5 idées concernant les punitions scolaires

  1. Bien expliquer les raisons de la punition et être conscient de son impact chez l’élève.

CastigoLe comportement perturbateur de certains élèves provoque habituellement un problème relationnel avec le professeur et un rejet réciproque. Dans de nombreux cas, l’élève ne comprend pas les raisons de la punition ou pense qu’elles sont insignifiantes. Ce sentiment d’injustice peut engendrer une logique de confrontation et de provocations : la sanction n’a alors qu’une dimension répressive.

C’est pourquoi la punition doit être une tâche qui fasse comprendre à l’élève pourquoi son comportement est contraire aux règles à respecter et pourquoi celles-ci sont absolument nécessaires.

 

  1. Éviter les punitions diffuses.

Les punitions diffuses sont celles que le professeur applique de manière spontanée et souvent inconsciente, par exemple lorsqu’il fait des remarques ironiques ou sarcastiques, ou fait preuve d’indifférence, voire de mépris, envers certains élèves. Ce rapport de domination ne fait qu’augmenter le sentiment de rejet entre l’élève et le professeur. En outre, l’adulte demeure toujours le modèle de l’enfant et, par conséquent, celui-ci a tendance à reproduire par mimétisme ce comportement avec ses camarades ou même d’autres adultes.

Il ne faut bien sûr jamais émettre de jugements trop négatifs, comme par exemple « Tu n’es vraiment pas doué. », car les élèves le croiront et agiront en conséquence.

 

  1. Personnaliser au maximum la punition.

La punition collective semble n’avoir aucun effet positif et ne faire naître chez l’élève qu’un sentiment d’injustice.

Il est donc recommandable d’adapter au mieux la punition au profil de chaque enfant et de la faute qu’il a commise. Au lieu d’automatiser l’application d’un certain type de sanction en fonction du comportement observé, certains professeurs ont observé qu’il est plus efficace de différer la punition, en expliquant à l’élève qu’ils ont besoin de temps pour déterminer quelle est, dans ce cas précis, la punition la plus pertinente. Ce délai permet à l’élève de réfléchir et de mieux comprendre ce qu’on lui reproche.

 

  1. Donner l’image d’un adulte juste, qui sait punir mais aussi encourager.

Il est important de bien distinguer entre l’erreur et la personne, de faire comprendre à l’élève que ce qu’il a fait n’est pas acceptable mais qu’il n’est pas pour autant un individu qui ne peut s’intégrer au groupe. Il doit réaliser que la punition lui permettra de réparer son erreur sans qu’il n’y ait de conséquences négatives concernant sa relation avec ses camarades et le professeur.

Pour être crédible, l’enseignant doit évidemment traiter tous les élèves de manière équitable, s’interdire les choses qu’il pourrait leur reprocher (arriver en retard, manquer de respect, etc.), appliquer systématiquement les sanctions annoncées et s’excuser lui-même s’il commet des erreurs.

S’il est indispensable que l’élève prenne conscience de ce qu’il fait mal, il est également primordial de l’encourager lorsque l’on constate qu’il s’efforce d’améliorer son comportement. Cette reconnaissance ne peut que renforcer la légitimité et l’autorité de l’enseignant.

 

  1. Élaborer des punitions constructives.

L’objectif d’une punition constructive, contrairement à celles jugées inutiles (notamment faire copier des dizaines ou des centaines de fois la même phrase), est de faire réfléchir l’élève sur son erreur, l’impact que celle-ci a pu avoir sur les autres et la manière dont il peut la réparer et éviter qu’elle se reproduise.

En classe de FLE, l’option privilégiée pour atteindre cet objectif correspond habituellement à des tâches de compréhension et de production écrites. Voici quelques idées qui me semblent intéressantes :

-L’élève doit chercher dans le dictionnaire la définition du mot « respect » et rédiger un texte structuré dans lequel il explique pourquoi le respect est nécessaire, en quoi il s’est montré irrespectueux, ce qu’ont pu ressentir, selon lui, les victimes de son manque de respect et comment il se sentirait lui-même s’il avait été à leur place.

-L’élève doit rédiger une rédaction dont voici le sujet : « Imaginez que vous êtes un professeur de français et rédigez les 10 principales règles de discipline que devront respecter vos élèves. »

-L’élève doit répondre, par écrit, à 3 questions simples, à établir en fonction du contexte de l’erreur commise, par exemple : « Pourquoi je n’ai pas fait mes devoirs ? », « Pourquoi je dois les faire ? » et « Quelles décisions je vais prendre pour toujours réussir à les faire ? ».

On peut également imaginer quelques tâches de production orale, notamment faire faire à l’élève une présentation en français sur le ou les aspects du cours que son mauvais comportement ne nous a pas permis de bien expliquer à la classe.